

HISTOIRE DE LA COMMUNE DE PARIS 1871
RENAISSANCE
Dans les fils, il y a la même sève, que dans les pères,
Ainsi perdure, au-delà des calvaires, la hargne ouvrière.
Hargne de vivre mieux, de travailler à un avenir moins malheureux,
De relever la dignité des laborieux.
Le deuil de la Commune dura plus de huit années,
S’il y eût certes maintes revendications isolées,
La plaie de la Commune eût bien du mal à cicatriser.
On vit des syndicats ouvriers se constituer,
Malgré des lois aussi iniques que par le passé.
A l’exemple de la loi Dufaure, qui pendant trente ans régnera.
Texte proclamant une guerre sans merci contre l’Internationale,
Et la prison pour tout ouvrier qui s’y affiliera.
L’Assemblée voulant établir « l’ordre moral »,
Ce fût l’époque hégémonique des patrons et des propriétaires,
Sous relent d’inquisition cléricale et de trique policière.
Parfois tout de même, certains rares pandores avaient bien des remords,
Lorsque sur la classe ouvrière, ils établissaient des rapports.
Mais face, à ce gouvernement bien faible et cette assemblée fantoche,
L’ouvrier, heureusement, ne restait pas les mains dans les poches.
C’est de par sa volonté, que la France est une République,
C’est le mouvement ouvrier renaissant qui a poussé aux aspirations démocratiques.
Ce sont les élus radicaux, élus des faubourgs,
Qui ont insufflé à la République, un nouveau jour.
Les ouvriers avaient recouvré leur force,
De l’arbre communaliste, on n’avait brûlé que l’écorce.
Et cet arbre que l’on crût mort, recroissait,
En manifestations, en associations, en congrès.
Les fils appelaient les pères, au loin, retenus,
La tradition se ravivait dans l’âme des vaincus.
L’Etat bourgeois dût lâcher un peu de leste,
Sa justice se montrer moins agreste.
Là naissent d’importants acquis et des droits,
Ici commencent d’autres grands combats.
Clichy, JLB le 15/07/1991