
INDEPENDANCE
« Propriété de l’Etat Français », on croit rêver.
En plein Pacifique, à 25000 KM de l’Elysée,
flotte une bannière de plus en plus exécrée,
quand gronde la révolte d’un peuple dédaigné.
C’est le tricolore des colons et des commerçants,
à défaut de la misère locale que l’on plaint le plus souvent.
C’est l’armée et la police, que l’on met en avant,
« forces d’équilibre » des volontés du gouvernement.
On nie l’Histoire locale, les aspirations populaires.
On vit là bas à l’heure de la république bananière.
Les élites, à tout progrès, non contrôlé, sont réfractaires.
On défigure les faits qu’en la violence devient nécessaire.
Mais la fière France,
à ses dépendances,
ergote l’indépendance.
L’hypocrite colonialisme reste le fléau d’un peuple opprimé.
Les iles océaniennes y perdent petit à petit leur identité.
Un esclavage muet y est installé.
C’est l’œuvre « gigantesque » de l’Etat français.
Sanctuaires atomiques ou stratégiques,
sous la connivence du militaire et du politique,
qui ne propose qu’un développement famélique,
en exploitant au mieux les autochtones pacifiques.
Fidji, Samoa, Kiribati, etc.…
N’assument-ils pas très bien leur condition d’état ?
Certes, ce ne sera pas ce gouvernement conservateur à tout va,
qui donnera au peuple le droit ultime qu’il n’a pas.
Car la fière France
écrase ses dépendances,
pour interdire l’indépendance.
JLB 08/09/1995