
LITTE BIG HORN 25 JUIN 1876

WOUNDED KNEE CREEK Décembre 1890
INDIENS
Trois cent soixante-dix ans de larmes,
pour des hommes, des enfants, des femmes,
du Mayflower à Wounded Creek,
massacrés, lors de jours dramatiques.
SIOUX, Où êtes-vous ?
Vous cachez-vous ?
CHEYENNES, décimés par l’hégémonie américaine,
qu’est devenue la culture indienne ?
Jadis les grandes plaines
étaient votre domaine.
Au nom de Dieu,
les colons violèrent ces lieux,
en tuant et en dominant,
autorisés par leurs gouvernants.
Ce fût une solution finale,
que l’on cache dans de sombres annales.
De traités caducs en provocations,
aux réactions éteintes à coups de pendaisons,
les despotes blancs ont détruit vos nations,
en vous exterminant par millions.
SIOUX, Souvenez-vous !
Little Big Horn, c’était vous !
CHEYENNES, retournez dans l’arène,
pour la survivance des volontés indiennes.
Dans des ghettos, véritables camps nazis,
depuis hier, jusqu’à aujourd’hui,
misère, alcool, chômage,
furent vos nouveaux paysages.
Pour vous détruire et vous annihiler,
vous écraser sous une féroce société,
éducation et intégration,
devinrent les combles de l’occupation.
Quel héritage, après ce sabotage ?
La citoyenneté, le langage,
les indiens ont-ils encore une identité
dans cette Amérique qui les a humiliée ?
SIOUX, Vous étiez debout,
vos peintures de guerre sur les joues.
CHEYENNES, que les réserves contiennent,
vous étiez une grande tribu humaine.
Rien ne relèvera les cendres des grands chamanes.
Ce sont d’autres indiens qui partent à la recherche de leur âme.
Y aurait-il une fin à cette longue marche ?
Quand l’Amérique s’éprend de tout ce qu’elle gâche.
De Reagan à Hollywood,
elle ne se dégoute pas des crimes qu’elle a sous le coude !
L’indien a commencé son exode,
gare aux phénomènes de mode.
Que l’on rende les Black Hill à leur mémoire sacrée.
Que l’on donne un Etat, à ce peuple exterminé.
Pour que l’indien ne soit plus un homme lige
et que sa culture retrouve tout son prestige !
SIOUX, Il est temps d’être vous.
De remonter, vos chevaux fous.
CHEYENNES, brisez l’ignorance extrême,
replantez vos tipis dans les grandes plaines.
Quatre cent soixante dix ans après,
la terre appelle les esprits éplorés,
la dignité recherche ses guerriers,
à tous les amérindiens de l’écouter.
JLB 27/11/1992